mercredi, janvier 17, 2007

Ah les chers enfants !



Les enfants de Don Quichotte ont dressé des tentes rouges dans nombre de villes françaises pour dénoncer les conditions de vie des SDF. Ils ont obtenu par cette action très médiatisée la remise à jour d'un droit opposable au logement, ainsi que la belle promesse d'un candidat selon laquelle il n'y aurait plus de SDF en France d'ici deux ans. Cela parait donc un beau succès. Les tentes commencent d'aileurs à être démontées.

Tout paraitrait en fait lumineux s'il ne demeurait cette petite ombre agaçante : dans SDF, il y a caché le mot Français.

Parmi les sans-abris que l'on croise au creux des rues marseillaises, beaucoup sont en outre sans-papiers. Je vous en avais d'ailleurs touché un mot il y a quelques temps. Ces sans-abri, voyant donc les enfants de Don Quichotte poser leurs tentes près de la porte d'Aix - les gens du cru remettront aisément l'endroit ; ces derniers se sont donc ingénuement proposés de rejoindre pour quelques soirs les abris proposés. Un homme dans la rue, ça campe quand ça peut.

On le sait depuis Hume : la coïncidence provisoire de deux phénomènes nous amène à penser qu'ils seront chaque fois concomitants. Les enfants de Don Quichotte firent comprendre aux doublement demandeurs d'asile qu'on ne mélangeait pas pour cette fois les torchons et les serviettes, qu'ils n'étaient pas des enfants du Bon Dieu mais de Don Quichotte et que bref, c'était non. Les caméras de France3 et de M6 région risquaient peut-être de repasser, développant sottement un amalgame? Les bénévoles du bitume avaient la générosité nationale, ce jour-là.

Finalement, Médecins du Monde a gentillement refilé quelques tentes au groupe de demandeurs d'asile et ceux-ci ont eu l'autorisation d'aller s'héberger à quelques kilomètres de là - loin des caméras et des badauds. La loi est tombée depuis : les SDF marseillais auront un jour leur bel appartement social, si tout se passe bien. L'hiver est doux, tout va bien.

3 Comments:

Anonymous Lone Wolf said...

Triste constat que tu nous dresse là... constat qui ne me surprend qu'à moitié. Plus un combat (social ou non) se politise, plus il se radicalise. Le paradoxe est qu'une lutte contre l'exclusion finit par générer elle-même de l'exclusion.
Histoire d'assombir encore plus le tableau, je viens d'apprendre que l'Abbée Pierre est mort.
Pour tous les exclus, l'hiver est bel et bien là cette année...

10:25 AM  
Blogger The Civil Servant said...

Don Quichotte avait choisi ses moulins si on te suit bien.

RYS

10:56 PM  
Blogger Ulrich Stakov said...

C'est dire qu'on est tout de même loin du compte...
Je viens de lire, qui plus est, que la préfecture de police de Paris, prenait les Restos du Coeur pour des lieux de rafle... ça s'est passé cette semaine Place de la République...
Ignoble et écoeurant de se servir de la faim des gens pour les expulser.

3:31 PM  

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