lundi, février 13, 2006

Alatriste



Ce n'est pas pour me vanter, mais je viens de dévorer coup sur coup les trois dernières aventures du capitaine Alatriste, transcrites par le sieur Perez-Reverte. Et c'est génial.

Je connaissais surtout l'auteur pour ses polars "contemporains" de bonne tenue. L'un de ses bouquins, le Club Dumas, a d'ailleurs été adapté au cinoche par Polanski, qui en a (mal) fait un nanar fantastico-érudico-policier : La neuvième porte. L'adaptation en question est fort médiocre : la fin est modifiée, des gros plans inutiles et répétés sur l'actrice principale (Emmanuelle Seigner, expressive comme une palourde creuse) ralentissent régulièrement le fil narratif et Depp dort. Passez donc votre chemin et allez droit au livre, qui vaut son pesant de pépites.

Alatriste, c'est autre chose. Les trames se déroulent au temps de la grande Espagne : le Madrid crasseux et magnifique de 1620 avec le Gentilhomme au pourpoint jaune, encore habillé de fiers hidalgos, de moines inquisiteurs et de nénettes à mantilles et vertugandin ; les Flandres déchirées par les guerres incessantes et l'Amérique au loin pour faire bonne mesure. Les aventures du bonhomme sont contées par son valet de l'époque, parsemées de quatrains de Quevedo ou de Lope de la Véga - souvenirs rêvés d'une époque enfuie, mélange de nostalgie et de violence, d'amours traîtres et de fierté crâne.



De mon point de vue, c'est le récit sur le siège de Bréda qui reste le meilleur des trois récits. La réalité de la guerre est racontée par le menu - cruelle, absurde, simplement héroïque aussi. L'un des meilleurs bouquins que j'ai pu lire sur le sujet, batailles napoléoniennes et tranchées de 14 y compris ; un genre de leçon de sale vie, une abîme entrevue. Les descriptions des petits matins hollandais, surtout, m'ont paru ahurissantes de réalisme.



Niveau buzz, j'ai appris par ailleurs qu'un film était prévu sur le capitaine, avec Morgenstern dans le rôle. Le trailer parait prometteur. Affaire à suivre.

Pour ce soir, on va tournicoter aux alentours de l'époque. Je vous propose un morceau magnifique, l'intro de la Passion selon Saint-Jean, de Bach - que vous pourrez retrouver ici en intégrale, suivi d'
un Kyrie Gloria de Buxtehude.

4 Comments:

Blogger changaili said...

je suis bien d'accord avec ta critique de la neuvième porte, je vais tenter les bouquins, tu en parle très bien

1:51 PM  
Blogger totagata said...

Merci :)

7:18 PM  
Anonymous Lone Wolf said...

Je te suis à fond sur Club Dumas, et La Neuvième Porte. Le bouquin de Perez-Reverte est génialissime (d'ailleurs, si je me souviens bien, c'est toi qui me l'avais filé) tandis que le film est fâde et sans rythme, ne reprenant que la trame la plus tape-à-l'oeil et commerciale ; Polanski nous avait habitué à mieux...
Je pense qu'une fois de plus, je vais suivre ton avis et me jeter sur les bouquins de Capitaine Alatriste avant même que ne sorte son adaptation ciné.
Bye !

8:54 AM  
Anonymous Anonyme said...

Je suis aussi d'accord pour dire que "la neuvième porte" n'est pas un bon film. J'avais vu le film avant de lire le livre et j'avais trouvé le film pas mal. Mais après avoir lu le livre j'ai vu que ca n'avait rien à voir.
Par contre j'ai visité le chateau ou avait été tourné la fin du film

11:24 AM  

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